22 août 2008
W-E du 15 août :
Direction St Louis (Nord du Sénégal, à quelques kilomètres à peine de la frontière mauritanienne) pour la fête de l’assomption.
Après quatre heures de trajet en taxi durant lesquelles nous avons pu découvrir la brousse (très verte d’ailleurs à cette période, presque la campagne française !), nous arrivons enfin dans l’ancienne ville coloniale, ex-capitale du Sénégal.
A notre grande surprise, St Louis, pourtant classée au patrimoine de l’humanité à l’UNESCO, souffre des mêmes fléaux que Dakar : pollution, i.e, non ramassage des ordures éparpillées en masse sur les plages, les berges du fleuve Sénégal, les rues et grande pauvreté. Les battisses colorées, style colonial, ne sont pas entretenues. A croire que les gens n’ont peu cure du patrimoine historique que cela représente. Certains quartiers, en état de ruine avancé, sont déserts et semblent inhabités. La décrépitude ! Voilà le terme qui nous vient à l’esprit. Au moins le calme règne. La petite île a des allures de ville-fantôme.
La balade en calèche (plus toubab tu meurs !) nous permet de nous imprégner de cette étrange atmosphère et de faire le tour de l’île rapidement. L’ambiance festive, prévue pour la fête du 15 août comme chaque année, telle que nous nous l’imaginions n’est manifestement pas au rendez-vous.
Heureusement, les soirées se font plus animées : les sénégalais montrent enfin leur nez et les toubabs colonisent les bars où des musiciens et danseurs effectuent leurs prestations. Le « St Louis by night » est presque méconnaissable en comparaison à celui de jour. Il y a des boites branchées : la nuit, les sénégalais ont des allures de rappeurs américains, façon 50-cent, et se balancent sur des airs de R’n B connus de tous : je crois que je n’avais jamais rien vu de si bling bling. Les nanas, pour celles qui espèrent finir la nuit avec un mâle blanc fortuné, se la jouent Beyonce. On repère tout de suite, à l’entrée de la boite, celles qui sont prêtes à troquer leur corps pour une nuit contre quelques milliers de Fcfa.
Le retour à l’auberge, ma foi très coquette, à la pointe nord de l’île, se fait en compagnie de pseudo guides touristiques parés de grosses chaînes en argent autour du cou et de fringues très U.S, avides d’arnaquer le toubab. Vous m’objecterez certainement que ce style vestimentaire n’est pas moins ridicule et inopportun que le bob ou le pantalon bariolés – faussement africains – qu’arbore le touriste blanc, fier de sa trouvaille ; et je vous approuverai totalement.
La valeur ajoutée de la région de St Louis, c’est la Langue de Barbarie. Cette parcelle de terre tout en longueur qui sépare l’Atlantique du fleuve Sénégal et qui offre à la vue une flore marine impressionnante ainsi que de multiples espèces d’oiseaux (aigrettes, flamands rose et pélicans…). La promenade en pirogue est plaisante mais pas spectaculaire, excepté peut-être à l’embouchure du fleuve, où se rencontrent et s’allient l’eau salée de l’Atlantique et celle du Sénégal, ocre et crayeuse. Je vous conseille cette visite car voir du vert et des zones marécageuses, ça fait du bien !
St Louis est plus reposante que Dakar, avec ses rues boisées et ses indénombrables chèvres espiègles, toujours promptes à manger ce qu’elles trouvent sur leur passage. Mais la déception nous a quand même gagné à de multiples égards, comme sus expliqué. Cela dit, tout comme une certaine Edith, je ne regrette rien. La campagne sénégalaise en période d’hivernage est de toute beauté à certains endroits (imaginez des groupements de cases abrités par des manguiers et des baobabs) et je n’avais –avec les filles- jamais autant provoquer les dithyrambes de sujets aussi bien masculins que féminins en errant dans des ruelles (« Alors ma gazelle, on se promène ?! »).
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