Armelle & ses périples

20 octobre 2008

Tribulations d'une IEPienne à NY (suite octobre 2008)

Is America a cliché!!?

Le gong a sonné... cela fait déjà un mois que je hante Manhattan; oui un mois, et la fâcheuse sensation de n'avoir encore rien vu de NY - à part les locaux de la mission française, ceux de l'ONU, les supermarchés et ma chambre -, ni même des States. Il est vrai que le fait de travailler 12h/jour et de revenir au bureau durant 1/2 journée le samedi me complique légèrement la tâche. Cela est d'autant plus frustrant que je n'ai franchement pas l'impression de me rendre utile au sein de l'organisation. En effet, j'ai plutôt tendance à assister aux réunions et prendre des notes et d'être, de ce fait, cantonée à un rôle "d'observatrice participante passive"! N'allez pas non plus croire que c'est la glande à la RP; le travail est éreintant pour certains.

Voici le résumé d'une journée typique (pour moi):
8h: arrivée, vérification boite mail, lecture rapports ou autres, classement de documents

9h: coordination européenne dans les locaux du Conseil & de la Commission de l'UE avec les 26 autres diplomates rattachés à la 5ème Commission. Il s'agit de se mettre d'accord sur les déclarations de l'UE prononcées lors des sessions pleinières de l'AG ou encore sur les élèments de langage que proposera l'UE au bureau de la 5ème Commission afin d'aboutir à l'adoption d'une résolution.  Dit succintement, le but de ces réunions est de pouvoir parler d'une seule voix devant l'AG de l'ONU, en procédant par consensus.

10h: Session pleinière de la 5ème Commission à l'ONU. C'est là que sont introduits les rapports par le Secrétariat de l'ONU ainsi que d'autres comités d'experts, relatifs aux affaires administratives et budgétaires de l'ONU [rénovation des locaux de l'ONU, création de nouvelles bases de données au sein de l'ONU, suivi de travaux de bureaux de l'ONU hors siège, réforme de l'ONU etc...). Les délégués des Etats membres questionnent ainsi le Secrétariat (SG) durant les sessions informelles: crêpage de chignon et compagnie entre les pays et le SG & entre les pays eux-mêmes; de manière sommaire, le clivage pourraient se résumer à pays pauvres/pays riches (en fait c'est un peu simpliste ce que j'avance là, de nombreux paramètres entrent en ligne de jeu, les positions ne sont pas toujours si tranchées que ça et la stratégie et jeux de pouvoir sont complexes).

13h: pause déjeuner; J'en profite pour faire un saut à la salle de sport juste en bas du building (Salut les bodybuildés qui font de la gonflette que sur les avants-bras!! hihi!!)  ou tout simplement pour bouquiner!!

14h: retour à la mission française; mail checking, classement de docs etc.

13h: retour à l'ONU en sessions informelles

18h: come back dans les locaux de la RP pour se préparer pour le lendemain, envoyer des télégrammes à Paris pour demande d'instructions ou information, diffuser les documents importants aux partenaires européene. Briefing avec tous les collègues de la 5ème sur la journée dans le bureau du Conseiller financier.

Généralement je sors entre 20h et 21h, superbement vaseuse, des cernes jusqu'aux genoux, le teint livide et demeurant interdite face à la pagaille urbaine ambiante!!
Je n'ai pas le temps de digérer tous les dossiers ni de lire tous les rapports; tout est traité à une vitesse fulgurante: j'ai la vague impression d'être tombée de mon cheval avec un pied toujours coincé dans l'étrier!

Tout cela pour vous dire que je n'ai pas le temps de découvrir ce que je voudrais découvrir, de voir les USA, de rencontrer des américains.
Mais d'ailleurs, qu'est-ce qu'un américain?!
Qu'est-ce que la culture américaine?! Intéressante question que m'a soumise un GI dans ue pizzeria à 2h du matin alors que je m'appretais à me jeter sur ma peperoni! Le malaise a commencé à s'emparer de moi; que vous vient-il à l'esprit si je vous pose cette question? : Mc Do, américain inculte, obésité etc etc; des stéréotypes j'aurais été tentée de dire avant d'arriver à NY et même au début de mon séjour, jusqu'à ce que ma coloc place la Pakistan en Europe [oui, il y a les USA, puis, il y a le reste du monde]. Il est évident que je ne me sentais pas de répondre ça au type bien que je pouvais percevoir en lui un regard critique sur les States. J'ai en outre, bluffé en rétorquant qu'il était difficile de parler de culture américaine, surtout à NY ville cosmopolite, étant donné le large panel de nationalités et l'existence de minorités [grosso modo, je suis tombée dans le cliché de la Tour de Babel et compagnie]. Peu convaincu par ma réponse, il m'a exposé son point de vue: ce qui unit le peuple américain pour lui, ce sont: la carte de crédit, Hollywood, les pizzas et la TV. Hélas, je dois bien dire que ce n'est pas foncièrement faux.
Moi même j'ai parfois le sentiment de vivre dans un cliché ambiant à Manhattan, qui est quand même hyper huppé [cf. Sex & the city, Gossip Girl]. En habitant dans l'Upper East Side, je ne suis donc pas souvent confrontée à des américains moyens. En revanche, lorsqu'on s'en éloigne (Staten Island notamment, à 30 minutes de ferry de Manhattan), on se trouve dans l'Amérique moyenne, peuplée par une faune paraissant bien plus démunie à de multipes niveaux. 

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06 octobre 2008

Tribulations d'une IEPienne à NY

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    Après trois jours de halte dans mon petit "Liré", avec au programme retrouvaille de mes choletaises préférées et séance photos poilantes, me voilà échouée sur la côte Atlantique américaine. Quelle volte-face après ce séjour de deux mois au Sénégal: changement radical, qui je le sens déjà, transsubstantie déjà mon petit moi profond...

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    (Château de Clisson (49), à deux pas de Mon petit 'Liré')


   
    Briefing laconique pour ceux qui tenteraient de rattraper un des wagons de "l'Armelle Express", déjà parti depuis juillet:
Armelle, 19 ans, 3ème année IEP de toulouse, à NY pour 4 mois afin d'effectuer mon stage à la mission française auprès du siège des Nations-Unies ( la Mecque de la diplomatie! slogan un rien plastronneur...).

    Le fonctionnement à la RP [Représentation permanente], l'atmosphère qui y règne, diffèrent vraiment  de ceux de l'Ambassade de France à Dakar: tout semble beaucoup plus codofié ici et je trouve que le poids de la hiérarchie se fait davantage sentir. L'ambiance me paraît toutefois excellente et j'ai pu faire la connaissance d'une ribambelle de stagiaires, VI,  recrutés  locaux tous plus affables les uns que les autres.
     Pour revenir à la substantifique moëlle de la mission qui m'est assignée le stage durant, il s'agira pour moi d'assister le diplomate en charge de représenter la France au sein de la 5ème Commission de l'Assemblée Générale de l'ONU ( affaires administratives et budgétaires, i. e, une Commission très stratégique et cheville ouvrière de l'AG, disons-le, puisqu'elle voit passer un grand nombre de dossiers). Autant vous dire que la terminologie y est spécifique et qu'acquérir ce jargon, en anglais qui plus est, n'est pas une mince affaire! Le gros du travail commence en octobre et s'étend jusqu'à fin décembre.
     S'agissant de l'aspect médiatique: au vu et au su de tout citoyen du monde correctement informé, la semaine ministérielle [ les chefs d'Etat ou de gouvernement du monde entier se rendent au siège de l'ONU pour faire leur déclaration devant les autres délégations à l'AG] se tenait du 18 septembre au 25 septembre à NY. Imaginez un seul instant le dipositf de sécurité mis en place (c'est à ce moment que l'on se dit que les films américains ne sont pas si cliché que ça!!): hélicoptères, sirènes, girophares, circulation bloquée sur un périmètre plus qu'étendue, agents de la NYPD à chaque coin de rue... bref, bref, que de tapage me faisant regretter la quiétude de la Corniche dakaroise. J'ai pu assiter aux discours, entre autre, d'Ahmadinejad mais aussi de chefs de gouvernement de petits Etats des Caraïbes ou d'Afrique, non moins captivants. Le plus incroyable les amis, c'est que j'ai croisé Abdoulaye Wade car nous marchions sur le même trottoire: il fallait que j'aille aux USA pour le voir en chair et en os à deux centimètres de moi! Pour clore la semaine 'people', les fonctionnaires français étaient conviés à un lunch où Bernard Kouchner a prononcé un discours vite fait bien fait et mangé trois petits-fours avant de repartir pour un autre meeting.

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(Vue depuis Central Park)


    A propos de ma vie (perso) à Big Apple: rien de rocambolesque après l'épisode dakarois! Mon âme esseulée (j'exagère!) flâne dans les rues de Manhattan. Le bruit est omniprésent, la vie ne s'arrête jamais. Une fois dans mon antre, pour combattre le chiendent de la solitude, [je partage un appartement dans l'Upper East side avec une 'Mme Tout le Monde' américaine d'environ soixante ans détentrice de deux chats qui répandent une odeur pestilentielle!], je mange des sushis et matte placidement 'Gossip girl', harassée par ma journée.
    La vie culturelle à NY est, par ailleurs, intense et les manifestations en tous genres (ballets, opéras...) sont mirifiques et géants. Voilà de quoi contenter la fantaisiste qui est en moi. La ville offre de nombreuses aménités. Cela étant, cette boulimie, cette frénésie ont des côtés abrutissants: ça manque de flegme tout ça et je trouve le tohu-bohu new-yorkais avitaminosant au début! Force est d'avouer que je n'ai pas encore trouvé mon équilibre, ni ma place dans cette excitation citadine.

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22 septembre 2008

Dernier w-e (6-7-8 septembre)

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    Je vais bientôt devoir appareiller pour la France; mon heure est arrivée.

    Rétamée par la chaleur, je décide de passer mon dernier w-e tranquillement sur Dakar afin de m'emplir au maximum de l'atmosphère du plateau et de profiter de l'acalmie qu'offre le ramadan. Dernières balades sur la corniche où des libanais frimeurs, peu finauds du haut de leur 4x4 vous hèlent sans adresse ni élégance, dernier repas à "La fourchette" (un des meilleurs restos dakarois que je vous recommande vivement!! Les sushis y sont exquis!! à croire que les sénégalais sont plus doués que les japonnais!), dernières ventrées de mangue...
    Un w-e calme, presque trop calme, ne laissant en rien augurer un départ mouvementé... jusqu'à preuve du contraire, lundi après-midi.

    Vol Air France, départ prévu pour 23h, pré check-in (pour éviter d'être victime du surbooking) à l'aéroport de Yoff à 17h, en compagnie de Rhéda (prenant le même vol), chef du système d'information de l'ambassade (Douteriez-vous de mon entregent!?) .
    Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu'à ce que le ciel bleu azur ne s'obscursisse précipitamment pour faire place un orage d'une force monumentale. La médiocrité des infrastructures routières ne tarda pas à se faire connaitre. En l'espace d'une demi-heure, le périphérique pour retourner sur le plateau (afin de récupérer nos dernières affaires) était innondé. Non possesseur de 4x4... s'abstenir! Autant vous dire que la BMW dans laquelle nous étions ne pas fit long feu.
    Tableau mémorable: moi, assise à côté d'un type rencontré quelques heures à peine, dans une voiture au moteur noyé (aux sens propre et figuré) au beau milieu de nul part (pour être exacte, dans un mètre d'eau boueuse). Quand j'y repense, j'en ris à mourir, choses que je ne faisais pas sur le coup!
    Par chance, nous avons été aimablement repêchés par des connaissances de Rhéda, qui se trouvaient à quelque mètres derrière nous. Tout est bien qui finit bien: retour sur le plateau sains et saufs et trajet sans difficultés jusqu'à l'aéroport. Nous prenons l'avion comme prévu.

    Et voilà, l'avion s'élève au dessus de plateau et je regarde par le hublot du B-777, Dakar, peu illuminée, s'éloigner. Peut-être est-il temps de faire un bilan: mais que vous dire!? Par où commencer?! J'espère juste ne pas vous avoir donné une vision du Sénégal ou plutôt de Dakar trop biaisée. Mes articles reflètent ce que j'ai perçu du Sénégal à travers mes lunettes d'adolescente occidentale débarquant dans un pays du tiers-monde pour la première fois (mon émerveillement et mon attitude béate vous ont peut-être à certains moment agaçés!?), mais qui a bénéficié d'un train de vie privilégié, celui des expatriés. Car oui, le Sénégal est pauvre: nombreuses sont les silhouettes faméliques qui déambulent dans les rues non entretenues ou sont affalées sur  les trottoires poussièreux, nombreuses étaient les fois où j'ai reçu au bureau des bourses des étudiants dans des situations miséreuses et desespérées. Les gens se désintéressent de la politique et préfèrent croire aux discours des marabouts. La politique, un bien grand mot. Qu'est-ce que la politique au Sénégal sinon la bataille que mène une élite, prête à tout pour garder le pouvoir. Tout est miné par la corruption. Quel gâchis quand on connaît le potentiel de ce pays... Je suis très sceptique à l'heure d'aujourd'hui; surtout que personne ne vienne me bassiner avec des discours simplistes, dignes d'un Sarkozy, sur l'immigration. Allez dans des pays du tiers-monde, où la désertification ronge petit à petit le peu de verdure et rend chaque année les cultures plus difficiles, allez dans des pays du tiers-monde où la queue devant l'hôpital public déborde jusque sur la route dès 6h du matin... allez-y et peut-être vous comprendrez pourquoi tant de personnes sont amassées devant le service des visas du consulat de France à Dakar.

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Samedi 30 août

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    Tous en cuisine!! Marie, la coloc de Lola -pour ceux qui n'auraient pas suivi-, passe son dernier w-e au Sénégal avant de s'envoler pour Paris. Une petite soirée melting-pot (stagiaires de l'ambassade, volontaires internationaux, sénégalais du quartier) est alors organisée en son honneur. En veine culinaire, je me lance dans la confection d'un cake aux fromages (la France me manque...) et d'un fondant au chocolat qui se sont avérés être comestibles (voilà de quoi me réconcilier avec les fourneaux)!
    Et voici tout ce petit monde réuni autour d'une table plantureuse, garnie de spécialités françaises, libanaises et que sais-je encore. Ambiance festive au 3ème étage du premier bloc au 5 rue Amadou Hassane Ndoye!!
    Les libations largement entamées, nous avons eu le droit à une démonstration de m'balar (danse traditionnelle sénégalaise) par Emile, le chef du quartier. En éveil phtisique, le rythme vigoureux et saccadé de la musique ainsi que les mouvements désarticulés de la danse ont suffi à m'achever pour la soirée.

 

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27 août 2008

La Somone

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Samedi 23 août :

En quête de calme et d’air pur, nous nous dirigeons vers la Petite Côte pour la journée avec Solenne et Lola, via le taxi brousse. Nous posons pied à La Somone, petit hameau en bord de mer, peuplé par des hôtels. En veine de glande, nous déclarons cette journée, journée internationale du néant. Non, nous ne ferons rien, excepté rasséréner notre esprit, encore empli d’images fourmillantes de Dakar et de ses embouteillages.

Ahh !! « La mer, qu’on voit danser le long des golfes clairs… », si enchanteresse dans la torpeur du soleil de midi. Trois petites épaves échouées sur des bancs de sable, voilà de quoi nous avons l’air.

Lorsque l’heure vient pour se sustenter, nous optons pour le restaurant d’un hôtel mignonnet, ayant pignon sur plage. Le décor est agréable mais ce qu’ils servent un peu moins. Rassasiées, nous nous installons sur la mini plage privée de l’hôtel, bordée par la piscine et jalonnée par quelques cocotiers. Installées en reines sur des chaises longues, nous nous délectons de l’instant en contemplant les flots argentés de l’océan venant se fendre sur quelques rochers brisant le calme de la plage. Ayant pour seul point de mire l’horizon bleu de l’Atlantique, nous nous laissons aller dans les affres de la méditation.

Comment ?! Moi ?! Profitant d’une plage privée pour touristes blancs sans le moindre esprit de contrition?! Moi ?! Oui, moi qui honnissait, il y a peu, ce genre de complexes pour Occidentaux aisés… Je l’avoue, et je dois vous dire que cela fait un bien fou de se déconnecter de l’effervescence quotidienne et d’avoir l’impression, une poignée de minutes, que l’on n’est plus au Sénégal…

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22 août 2008

St Louis sous tous les angles

 

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W-E du 15 août :

Direction St Louis (Nord du Sénégal, à quelques kilomètres à peine de la frontière mauritanienne) pour la fête de l’assomption.

Après quatre heures de trajet en taxi durant lesquelles nous avons pu découvrir la brousse (très verte d’ailleurs à cette période, presque la campagne française !), nous arrivons enfin dans l’ancienne ville coloniale, ex-capitale du Sénégal.

A notre grande surprise, St Louis, pourtant classée au patrimoine de l’humanité à l’UNESCO, souffre des mêmes fléaux que Dakar : pollution, i.e, non ramassage des ordures éparpillées en masse sur les plages, les berges du fleuve Sénégal, les rues et grande pauvreté. Les battisses colorées, style colonial, ne sont pas entretenues. A croire que les gens n’ont peu cure du patrimoine historique que cela représente. Certains quartiers, en état de ruine avancé, sont déserts et semblent inhabités. La décrépitude ! Voilà le terme qui nous vient à l’esprit. Au moins le calme règne. La petite île a des allures de ville-fantôme.

La balade en calèche (plus toubab tu meurs !) nous permet de nous imprégner de cette étrange atmosphère et de faire le tour de l’île rapidement. L’ambiance festive, prévue pour la fête du 15 août comme chaque année, telle que nous nous l’imaginions n’est manifestement pas au rendez-vous.

Heureusement, les soirées se font plus animées : les sénégalais montrent enfin leur nez et les toubabs colonisent les bars où des musiciens et danseurs effectuent leurs prestations. Le « St Louis by night » est presque méconnaissable en comparaison à celui de jour. Il y a des boites branchées : la nuit, les sénégalais ont des allures de rappeurs américains, façon 50-cent, et se balancent sur des airs de R’n B connus de tous : je crois que je n’avais jamais rien vu de si bling bling. Les nanas, pour celles qui espèrent finir la nuit avec un mâle blanc fortuné, se la jouent Beyonce. On repère tout de suite, à l’entrée de la boite, celles qui sont prêtes à troquer leur corps pour une nuit contre quelques milliers de Fcfa.

Le retour à l’auberge, ma foi très coquette, à la pointe nord de l’île, se fait en compagnie de pseudo guides touristiques parés de grosses chaînes en argent autour du cou et de fringues très U.S, avides d’arnaquer le toubab. Vous m’objecterez certainement que ce style vestimentaire n’est pas moins ridicule et inopportun que le bob ou le pantalon bariolés – faussement africains – qu’arbore le touriste blanc, fier de sa trouvaille ; et je vous approuverai totalement.

La valeur ajoutée de la région de St Louis, c’est la Langue de Barbarie. Cette parcelle de terre tout en longueur qui sépare l’Atlantique du fleuve Sénégal et qui offre à la vue une flore marine impressionnante ainsi que de multiples espèces d’oiseaux (aigrettes, flamands rose et pélicans…). La promenade en pirogue est plaisante  mais pas spectaculaire, excepté peut-être à l’embouchure du fleuve, où se rencontrent et s’allient l’eau salée de l’Atlantique et celle du Sénégal, ocre et crayeuse. Je vous conseille cette visite car voir du vert et des zones marécageuses, ça fait du bien !

St Louis est plus reposante que Dakar, avec ses rues boisées et ses indénombrables chèvres espiègles, toujours promptes à manger ce qu’elles trouvent sur leur passage. Mais la déception nous a quand même gagné à de multiples égards, comme sus expliqué. Cela dit, tout comme une certaine Edith, je ne regrette rien. La campagne sénégalaise en période d’hivernage est de toute beauté à certains endroits (imaginez des groupements de cases abrités par des manguiers et des baobabs) et je n’avais –avec les filles- jamais autant provoquer les dithyrambes de sujets aussi bien masculins que féminins en errant dans des ruelles (« Alors ma gazelle, on se promène ?! »).

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Mon invitation...

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Jeudi 14 août :

Maman les p’tits bateaux qui vont sur l’eau ont-ils des jambes ? Mais oui mon gros bêta, s’ils n’en avaient pas, ils ne marcheraient pas etc.

C’est de la folie, on est conviée à un cocktail  sur le troisième plus gros bateau militaire français en escale à Dakar pour trois semaines : le Jules Verne. Des marins… on va voir des marins !!

Code vestimentaire : tropical civil (éclat de rire général chez les stagiaires). L’occasion rêvée pour faire la pine up –chose qui m’arrive rarement à l’accoutumée !

A nous quatre (Marie, Solenne, Lola et moi), on faisait un véritable feu d’artifices, en fait, tout ce que vous voulez de très coloré et d’explosif. Evidemment on a débarqué en retard, c’est tellement plus drôle.

Ambiance lisse sur le pont. Petits fours, champagne servis par des mousses au personnel de l’ambassade et autres ressortissants français et puis… des militaires sapés en JPG (eh oui !! C’est à ce créateur déjanté que les marins doivent leur pantalon blanc –relativement moulant, on peut le dire- et leur maillot avec une encolure « bateau » pour les non-gradés). Ca manquait de pompons (ah décidément, je serai cliché jusqu’au bout !).

Rencontre improbable peu de temps après notre arrivée avec le personnel de l’ambassade d’Indonésie de Dakar, présent lui aussi au cocktail. En quête de nouvelles connaissances, ils (les indonésiens) se sont montrés fort loquaces et n’ont pu résisté à la tentation d’immortaliser ce moment en sortant leur appareil photo.

Nous nous sommes ensuite lancer dans l’exploration du bâtiment sous l’égide deux jeunes marins qui nous ont fait part de leur ressenti lors des missions ainsi que de la vie à bord (« vendredi, à la cantine, c’est poisson, alors c’est pas bon mais mardi, ça claque, y a des frites !! »).

Conclusion : je ne m’engagerai pas dans la marine.

Les cieux, fissurés par des éclairs de chaleur, ont fait place à la mousson juste au moment où nous descendions du bateau. La douche la plus complète. Nous serions tombées dans l’eau du port, le résultat aurait été le même !

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12 août 2008

Les îles de la Madeleine

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